• Suzy Marmen

Comment j’ai survécu à mes premiers jours sans alcool


Dans mes dernières publications j’ai partagé avec toi mes raisons pour arrêter de boire et un peu d’info sur moi.


Cette fois-ci j’avais le goût de jaser des mes premiers jours de sobriété. Je trouve qu’on entend beaucoup parler du avant, incluant les anecdotes et les raisons qui nous poussent à arrêter de consommer, mais ce qui se passe après est beaucoup moins verbalisé.


J’ai décidé d’arrêter de boire en 2016, à la mi-juillet après une soirée bien arrosée et un lendemain de veille plus que pénible.En pleine canicule, en vacances et juste avant la Foire Brayonne. Je suis consciente qu’il n’y a jamais de moment parfait mais disons que le timing aurait sûrement pu être meilleur.


Les quelques premiers jours ont quand même été plutôt faciles, car ma gueule de bois servait à me rappeler le pourquoi c’était important pour moi de cesser de boire.


J’ai passé la semaine à me préparer un plan et à écrire tout ce qui me passait par la tête dans un carnet, incluant les raisons qui me poussaient à vouloir arrêter de boire et quoi faire en cas de risque de rechute. Jusqu’au jeudi je me suis senti forte...


Quand le vendredi est arrivé, ça a été une tout autre paire de manche...


À tous les vendredis j’avais une routine, c’était simple, après le travail j’allais acheter de l’alcool et j’allais boire, soit chez moi soit chez des amis...


Je me disais que c’était pour relaxer et que je le méritais après une longue semaine de travail. Maintenant je sais que boire de l’alcool est l’une des pires façons de relaxer autant physiquement que mentalement et que personne ne ‘mérite’ de boire une substance qui le fera se sentir comme de la ‘marde’ le lendemain.


Ça me prenait donc une option pour survivre à mon premier vendredi sobre. Je ne pouvais pas rester chez moi parce que j’aurais sûrement flanché et je ne pouvais pas non plus aller chez mes amis, car ils avaient, pour la plupart, la même habitude du vendredi soir que moi.


J’ai donc atterri chez ma mère.


C’était de loin le meilleur endroit pour m’assurer de ne pas avoir envie de boire. J’ai de la chance car ma mère et mon beau-père ont choisi la sobriété depuis un bon moment, mais la surprise dans leurs visages était évidente quand ils m’ont vu débarquer à la maison, eux qui connaissaient très bien mes habitudes du vendredi soir.


Mais ils m’ont accueilli sans me poser de questions et j’ai choisi de ne pas leur faire part immédiatement de ma décision. Je voulais attendre quelques jours avant de l’annoncer à mon entourage. Premièrement parce que je voulais éviter les jugements mais aussi parce que j’avais peur de ne pas tenir le coup.


J’en ai parlé à mes proches la semaine suivante et tout le monde a décidé de supporter ma décision. Je me trouve vraiment chanceuse de ne pas avoir eu une personne qui ose me dire´voyons pourquoi t’arrête, tu ne bois pas tant que ça’ parce que j’aurais très bien pu la croire et continuer à minimiser la situation encore une fois.


Le fait de divulguer mon secret m’a enlevé un poids énorme de sur les épaules et à partir de ce moment-là j’ai décidé de ne plus avoir honte et de ne plus cacher ma décision.


Donc les premiers vendredi je les ai passés à jouer aux cartes et à des jeux de société chez mes parents, jusqu’à ce que je sois assez forte et préparé pour rester chez-moi.


Est-ce que tout était parfait? Olé shit que non! Mais ça fait partie de la vie et du processus de rétablissement, c’est à nous de choisir si le processus sera pénible ou non. C’est certain qu’on ne peut pas contrôler tout ce qui nous entoure et tout ce qui nous arrive mais nous avons toujours l’option de choisir comment nous réagissons face à une situation.


Voici un exemple, tu te rappelles que j’ai arrêté l’alcool et la cigarette en même temps? C’est ridicule le temps libre que j’avais et j’ai découvert qu’il y a juste une certaine quantité de ménage que tu peux faire dans une journée avant de commencer à abîmer les meubles, les murs et les planchers...


En plus il faisait tellement chaud.


Je me suis donc stationné sur le divan en avant de la télévison à l’air climatisé. Mauvaise idée! Abort mission! Fait-pas-ça!

C’est impensable le nombre d’annonces de bière qui passent à la télé, l’été, quand tu viens juste d’arrêter de boire!


Tsé les pub gros budget avec la bouteille qui sort du réfrigérateur, pis la petite goutte qui coule sul bord, pis le bouchon qui fait pschhhtt , pis la petite boucane qui sort de la bouteille... C’est pas compliqué, j’ai jamais fait autant de doigts d’honneur à un objet inanimé!


Mais étrangement je n’avais pas ´soif’, oui j’ai eu quelques moments de frustration en me disant que ce n’était pas juste qu’il y ait autant de pub d’alcool et que les autres pouvaient boire mais que moi je ne pouvais pas...


C’est alors que je me suis rappelé que ce n’est pas vrai que je ne peux pas boire. Je peux boire, mais je choisis de ne plus le faire, ça pour moi, ça fait toute la différence.


Bonne Sobri & Thé ☕️


Suzy

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